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« Niveau 0 » de FOMO, ça donne quoi ?

En ce 25 mars ensoleillé, Fomo nous a livré tel un Père Noël printanier son nouvel opus, premier sous son nouveau sobriquet de « Fear Of Missing Out » (la peur de rater). Ça s’appelle « Niveau 0 », et notre ami, anciennement Pessoa, n’y est pas allé de main morte ! Un album riche aux sonorités multiples, FOMO s’amuse de la Trap, chante sans retenue, tout ça accompagné de quelques featuring triés sur le volet (Take A Mic, Jewel Usain ou encore les Y-Bros).

« Tout ça c’est bien beau mais dans le détail ça donne quoi en vrai ? » Excellente question, beau et brillant lecteur, rembobinons tout ça comme disent les gens d’âge mûr et prenons le temps de découvrir tout ça, track après track !

1 – Droits Miranda

On débute par une tuerie, tout simplement ! Une pièce qui présente les choses très clairement : FOMO a de l’énergie à revendre et des choses à dire et il n’est pas la pour perdre du temps ! Le gimmick « C’est la vie qu’on a choisi » fait sa première apparition et nous accompagnera durant toute l’écoute, une phrase loin d’être anodine qui en dit long sur l’état d’esprit de notre rappeur. Un track tout en technique sur une prod. qui donne le tournis. Les « Droits Miranda«  ce sont les lectures de nos droits lors d’une arrestation aux Etats Unis et une chose est sûr après ce premier son, nous avons le droit de garder le silence !

2 – Surchargée Feat. Take A Mic

On change d’ambiance pour ce second morceau. Une très jolie ballade aux allures d’introspection, sur une instru qui monte progressivement et nous prend aux tripes seconde après seconde. FOMO accompagné du flow léger de Take A Mic est en pleine remise en question sur ce track mixé avec justesse. Directement placé dans notre playlist Sad Mood, on ne ressort pas indemne d’une telle écoute.

ECOUTE CA

3 – Ekedalen

On enchaine avec un track solide, construit pièce par pièce, phase par phase comme un meuble IKEA mais sans la dernière vis qui reste dans le sachet ! Sur « Ekedalen » (qui est donc une table dans le catalogue de nos fournisseurs de meubles standardisés préférés) notre MC règle ses comptes dans ce Rap égotrip à la prod. scintillante, et on peut déjà dire que la peur de rater est loin loin loin désormais. « L’ingé son sait c’qu’il fait, l’artiste maitrise son art », ou comment résumer en une phrase ce titre.

4 – Antidote Feat. Les Y-Bros

Le Rap français est malade ? Une équipe de sérieux apothicaires a décidé d’agir. Les Y-Bros et FOMO s’apprêtent à inoculer un sérum à base de phases techniques et de punchlines soignées sur, sans doute, le son de l’album qui restera le plus gravé dans vos esgourdes. La rigueur du flow sur cette pièce est chirurgicale, le refrain est tellement efficace que je le chante en boucle depuis la première écoute… Merci docteurs, je vous dois combien ?

5 – Looney Toons

Le juge DeMort ne pourra rien n’y faire, ce Toon là, il s’en fout de la trempette ! Après 2 minutes 38 de pur délire et de phases toutes plus folles les unes que les autres, FOMO n’est décidemment pas comme vous et moi, surtout moi. Pas besoin de rentrer à l’Académie Française pour faire parti des Immortels, une boucle cartoonesque, un texte tonitruant et un refrain efficace suffisent… Ce n’est pas vraiment plus simple en fait.

6 – Boston

Sixième morceau, c’est l’heure de faire entrer en jeu la Trap ! Pas besoin de temps mort pour cette hommage au Basket et à Larry Legend. Comme Larry, FOMO annonce combien de points il va marquer dans nos esprits. Comme Larry, FOMO met la pression à la concurrence et nous pousse au choke. comme Larry, FOMO n’a pas besoin d’être près du cercle pour être léthal. Le Rap français a trouvé son nouveau franchise player, tout ça sur une ballade pianotée des plus immersives.

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7 – Fête Cachée Feat. Jewel Usain

Comme plongé dans un brouillard onirique, « caché sous une pile d’air », notre héros du jour déambule dans la vie comme un fantôme. En compagnie d’un Jewel Usain inspiré, sur une instru épurée et minimaliste, nous suivons ce rêve qui se transforme soudainement en cri de colère et de rancœur. Une chanson touchante et prenante, FOMO a décidé d’être carré dans tous les domaines.

8 – Le Méchant

Nous nous retrouvons dans le cœur mélancolique de l’album, après l’ambiance particulière de « Fête Cachée », nous rentrons avec « Le Méchant » dans celle déchirante d’une rupture. De cette relation électrique et maladroite se dégage le moment des regrets et des sincères excuses. Dans ces histoires nous faisons tous les mêmes choses, nous tirons tous les mêmes bilans et les rôles se définissent : le bon ou le mauvais. Avec une grande justesse, FOMO nous décrit cette phase dans laquelle les rôles se définissent et s’inversent à vitesse grand V… Bon ben… Je vais me réécouter ma playlist Sad Mood moi…

9 – Jenny Curan

Au cas où nous n’en avions pas encore conscience, notre rappeur a décidé de nous montrer une fois de plus l’étendue de sa palette. Un peu de rouge, un peu de bleu, un peu de chant clair sur une mélodie classique. Dans cette chanson magnifique, il ouvre son âme pour nous faire part du déchirement qui le brise à grand feu. Quelques heures dans un autre lit peut gâcher une vie, et seul sur ce banc, la boîte de chocolat s’avère bien vide et l’attente risque d’être longue avant la rédemption. FOMO prend des risques dans cette chanson, et ce pour notre plus grand bonheur.

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10 – 90.4

L’album se termine comme il a commencé avec un Rap technique, mais dans le fond nous ne sommes plus vraiment les mêmes. Au son d’une guitare acoustique aux accents tziganes, FOMO se présente à nouveau, ses passions, ses travers, laissant de côté les effets de manche qui nous en mettaient plein la vue. Ecrit comme un bilan honnête, il fait le point sur qui il est vraiment : un musicien biberonné à la culture pop et à l’esprit parfois tourmenté, parfois en colère, mais toujours curieux et créatif. Il en tire une conclusion sans appel qui fût son leitmotiv durant tout cet album : « C’est la vie qu’on a choisi ».

ECOUTE CA

Après une promenade dans les étages, nous quittons, pour un instant seulement, le Niveau 0. Un opus riche et plein de surprises avec des beatmakers inspirés (Makeameal, Tigerz) et des featuring qui n’étaient pas venus pour faire de simples figurations. Et même si cet élément a été indispensable dans sa création, nous pouvons désormais rassurer FOMO : il peut abandonner sa peur de rater.

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